Visiter la Galerie

La règlementation des droits d’auteur ne permet pas de publier de très nombreuses œuvres possédées par la galerie mais soumises à cette réglementation.

Une visite à la Galerie est donc indispensable pour découvrir la très vaste collection d’œuvres des Grands Maîtres du XXème siècle mise à la disposition des amateurs et collectionneurs par la Galerie 55.

ENTREE LIBRE du jeudi au dimanche de 14h à 19h et sur rendez-vous.

 

Estampes

Qu’est-ce qu’une estampe ?

Une estampe est une œuvre d’art originale obtenue par l’impression d’une matrice sur un support, le plus souvent du papier. Contrairement à une simple reproduction, chaque estampe est tirée sous le contrôle direct de l’artiste (ou selon ses indications précises) et fait partie d’une édition limitée et numérotée. L’artiste ne copie donc pas une œuvre existante : il crée une image pensée pour l’impression. L’estampe a longtemps été le principal moyen de diffusion de l’art, permettant aux artistes d’expérimenter de nouvelles techniques et de rendre leurs œuvres plus accessibles. Elle réunit à la fois le geste du créateur et le savoir-faire de l’imprimeur, dans un dialogue entre l’œil, la main et la matière.


Les principales techniques d’estampe


1. La gravure sur bois (xylographie)

C’est la plus ancienne technique, apparue au XVe siècle. L’artiste grave son dessin à la surface d’une planche de bois, en retirant les parties qui ne doivent pas être imprimées. Les zones restées en relief reçoivent l’encre et sont ensuite pressées contre le papier. Le trait est souvent franc et expressif, avec des contrastes marqués entre noir et blanc. De grands maîtres comme Dürer, Munch ou Kirchner ont exploité la puissance brute de cette technique.

2. L’eau-forte

Inventée au XVIe siècle, l’eau-forte est une gravure en creux réalisée sur une plaque de métal (cuivre ou zinc). L’artiste recouvre la plaque d’un vernis protecteur, puis dessine à la pointe : le trait met le métal à nu. La plaque est ensuite plongée dans un bain d’acide qui mord le métal aux endroits dessinés. Après nettoyage, l’encre s’introduit dans ces creux et le papier, humidifié, en absorbe l’empreinte sous la presse. Le résultat est un trait libre, nerveux et spontané, très apprécié de Rembrandt, Goya, Picasso ou Chagall.

3. La lithographie

Inventée en 1796 par Aloys Senefelder, la lithographie repose sur un principe chimique simple : l’eau repousse la graisse. L’artiste dessine directement sur une pierre calcaire (ou sur une plaque d’aluminium) avec un crayon ou une encre grasse. Après traitement, la pierre est humidifiée : seules les zones grasses retiennent l’encre lors de l’impression. La lithographie offre une grande souplesse de dessin, proche de celle du pinceau ou du fusain, et permet des aplats subtils de couleur. Elle a séduit Toulouse-Lautrec, Matisse, Miró, Picasso et de nombreux artistes modernes.

4. La sérigraphie

Née au XXe siècle, la sérigraphie (ou impression au pochoir) utilise un écran de soie tendu sur un cadre. Certaines zones du tissu sont obstruées, d’autres laissent passer l’encre ; on dépose la couleur à l’aide d’une raclette. Chaque couleur nécessite un écran différent, ce qui permet des œuvres aux teintes franches et superposées. Très prisée par le Pop Art (Warhol, Lichtenstein, Haring…), la sérigraphie permet un graphisme éclatant, des aplats nets et une grande reproductibilité.

5. L’héliogravure

L’héliogravure est une technique photomécanique qui combine photographie et gravure. Une image photographique est transférée sur une plaque de cuivre recouverte d’une résine photosensible, puis mordue à l’acide. On obtient ainsi des nuances d’une finesse extrême, proches du rendu photographique, avec la profondeur et la texture propres à la gravure. Elle fut utilisée par Man Ray, Brassaï, ou Kertesz, et séduit encore aujourd’hui pour sa qualité d’impression incomparable.

Estampe originale ou reproduction ?

Une estampe originale est conçue dès l’origine pour être imprimée : chaque épreuve fait partie intégrante de l’œuvre. Elle est signée et numérotée par l’artiste, souvent accompagnée de mentions comme E.A. (épreuve d’artiste) ou H.C. (hors commerce). Une reproduction, en revanche, est une simple copie mécanique (offset, jet d’encre…) d’une œuvre déjà existante et n’a pas la même valeur artistique ni marchande.

Conclusion

Qu’elle soit gravée, dessinée, mordue ou imprimée, l’estampe est avant tout une œuvre de création : un dialogue entre le geste de l’artiste, la matière du support et la magie de l’impression. Elle allie technique, sensibilité et diffusion, offrant à chacun la possibilité de posséder une œuvre authentique à un prix abordable — fidèle à l’esprit de « l’art pour tous ».

11-12-2025 : Pop Art

Pop Art : quand la culture populaire devient icône

Apparu dans les années 1950-1960, le pop art transforme la culture populaire, publicité, bande dessinée, cinéma, produits de consommation, en véritables symboles artistiques.
En jouant sur les couleurs vives, les images familières et les détournements graphiques, il interroge notre rapport à la société de masse, oscillant entre fascination, critique et dérision.


Exposition du 11 décembre 2025 au 18 janvier 2026

Durant plus d’un mois, la galerie vous invite à explorer un univers où figures emblématiques, contrastes chromatiques et icônes contemporaines dialoguent librement avec notre époque.


Conférence & vernissage
Jeudi 11 décembre, de 18h30 à 21h00

La soirée d’ouverture débutera par une conférence introductive retraçant :

  • les origines du pop art,
  • ses artistes majeurs,
  • ses intentions critiques,
  • et son influence sur la création contemporaine, y compris ses prolongements actuels dans l’image numérique et la promptographie.

Les artistes exposés seront présents : une occasion privilégiée d’échanger avec eux sur leur démarche et leur vision.

👉 Le contenu de la conférence sera disponible dans l’onglet “Conférence” du site en fin de soirée, le 11 décembre.


À découvrir durant l’exposition

Estampes de la collection permanente de la Galerie 55

Avec des œuvres emblématiques de : Jean-Michel Basquiat, Andy Warhol, Keith Haring, Roy Lichtenstein, Tom Wesselmann, David Hockney…

Ces pièces témoignent de l’évolution du pop art, de sa fascination pour l’imagerie de masse et de sa capacité à élever l’ordinaire au rang d’icône visuelle.

Pop ART Galerie 55 BXL

Œuvres graphiques de Jean Pierre Bers (Bers Grandsinge)

Graphiste, peintre et personnalité singulière de la scène artistique belge, Jean Pierre Bers, alias Bers Grandsinge, doit son nom d’artiste à Jean-Michel Basquiat, qu’il a rencontré à New York et qui le surnomma ainsi.
Il a conservé ce nom en hommage à ces rencontres marquantes.

Son travail, vibrant et incisif, mêle énergie urbaine, spontanéité du trait et dialogues constants avec la culture visuelle contemporaine.

👉 Facebook : BERS GRANDSINGE
👉 Instagram : BERS GRANDSINGE
👉 Biographie : WIKI MONDE – BERS GRANDSINGE

BERS Grandsinge Galerie 55

Photographies, peintures et promptographies de Thierry Ragogna

Pour cette exposition dédiée au pop art, Thierry Ragogna présente quatre œuvres qui revisitent les codes du mouvement en les reliant à des archétypes symboliques, à l’imaginaire contemporain et à une esthétique vibrante.

Ces œuvres s’inscrivent dans une réflexion sur la puissance des images et sur la manière dont la promptographie, l’hybridation visuelle et la photographie contemporaine peuvent renouveler l’esprit pop.

Thierry Ragogna - Galerie 55

👉 Présentation : ARTISTE


Pour des raisons liées aux droits d’auteur, nos œuvres ne peuvent pas être publiées individuellement ni en haute définition.
Nous proposons donc uniquement un aperçu d’ensemble de l’exposition.

Seules les œuvres d’artistes ayant donné leur accord peuvent être présentées de manière individuelle. Un copyright peut également être appliqué sur certaines photographies afin de respecter la propriété intellectuelle des auteurs et des artistes.

06-11-2025 : Surréalisme

6/11/2025 -7/12/2025 : Surréalisme

Le rêve et l’inconscient libérés pour révéler une réalité plus profonde

Né dans les années 1920, le surréalisme explore l’inconscient, les rêves et l’irrationnel pour libérer la création artistique. Refusant la logique et les conventions, il mêle l’automatisme, l’imaginaire et l’étrange pour révéler une réalité plus profonde que le réel.

Conférence et vernissage le jeudi 6 novembre de 18h30 à 21h00

Une sélection d’estampes de la collection permanente de la Galerie, dont des œuvres de : André Masson, Max Ernst, René Magritte, Salvador Dali, Man Ray, Joan Miro, Pablo Picasso …

En écho, des photos de Thierry Ragogna inspirées des thèmes surréalistes qui nous feront voyager dans notre inconscient …


Pour des raisons liées aux droits d’auteur, certaines œuvres ne peuvent pas être publiées individuellement ni en haute définition. Nous proposons donc uniquement un aperçu d’ensemble de l’exposition.

Seules les œuvres d’artistes ayant donné leur accord peuvent être présentées de manière individuelle. Un copyright peut également être appliqué sur certaines photographies afin de respecter la propriété intellectuelle des auteurs et des artistes.

23-09-2025 : Panorama du 20ème siècle

23/09/2025 – 19/10/2025 : Panorama du XXème siècle

Cette exposition présente au travers d’estampes extraites de la collection permanente de la Galerie, des œuvres de Grands Maîtres des principaux mouvements artistiques du XXème siècle

Postimpressionnisme, Dadaïsme, Fauvisme, Cubisme, surréalisme, Cobra, Ecole de Paris, Pop art, Street art.

A ces œuvres s’ajoutent celles de Thierry Ragogna, talentueux peintre et photographe contemporain, qui sait magnifiquement nous interpeler par l’étrangeté de ses œuvres graphiques ou photographiques …


Pour des raisons liées aux droits d’auteur, certaines œuvres ne peuvent pas être publiées individuellement ni en haute définition. Nous proposons donc uniquement un aperçu d’ensemble de l’exposition.

Seules les œuvres d’artistes ayant donné leur accord peuvent être présentées de manière individuelle. Un copyright peut également être appliqué sur certaines photographies afin de respecter la propriété intellectuelle des auteurs et des artistes.

 

Expositions et conférences

La Galerie 55 organise régulièrement des expositions et des conférences qui permettent au public de voir des œuvres emblématiques des grands mouvements artistiques du XXème siècle et d’en comprendre les fondements.

En cohérence avec sa devise de « l’art pour tous », les œuvres présentées sont majoritairement des estampes qui les rendent accessibles au plus grand nombre.

En écho à sa vocation de montrer que, au-delà des modes et des périodes, « l’art demeure » et vit, parallèlement à ces œuvres emblématiques, la Galerie 55, présente des œuvres d’artistes contemporains de talent qui bénéficient ainsi d’une plateforme pour se faire connaitre et apprécier.

Galerie 55

Présentation

Créée à Bruxelles en 2017 par un couple de français passionnés d’art et collectionneurs émérites, la Galerie 55, dont la devise « l’art pour tous », est devenue au fil des années un lieu de vie incontournable pour les amateurs et collectionneurs, qui peuvent à loisirs échanger avec les galéristes sur leur passion commune.

L’entrée libre à la Galerie et les qualités d’écoute et de pédagogie des galeristes permettent aux non-initiés ou apprentis collectionneurs de se familiariser avec l’art sous toutes ses formes, voire de faire des découvertes, qui les enrichiront intellectuellement.

Après 5 années de promotion d’artistes contemporains à raison d’une exposition nouvelle toutes les quatre à six semaines, la Galerie 55, forte d’une collection de plus de 200 estampes des Grands Maîtres du XXème siècle constituée au cours des 40 dernières années et qui continue de s’enrichir, s’est réorientée depuis trois ans vers l’organisation régulière d’expositions et de conférences sur les grands mouvements artistiques du XXème siècle.

En écho à cette mise en avant d’œuvres phares du XXème siècle, la Galerie 55 continue à promouvoir sélectivement dans ses expositions des artistes contemporains dont les œuvres, exposées en résonnance avec les estampes des Grands Maîtres, démontrent que, au-delà des modes et époques, l’art demeure … « Sans art, pas de Futur »

Picasso et la suite Vollard

Les Protagonistes 

Pablo Picasso : né le 25 octobre 1881 à Malaga, mort le 8 avril 1973 à Mougins

L’un des plus important, prolifique et influant artiste du XXEME siècle avec environ 50 000 œuvres dont 1885 Tableaux, 1228 Sculptures, 2880 céramiques, 7089 dessins, 342 tapisseries, 150 carnets de croquis et 30 000 estampes au sein desquelles, comme on le verra plus loin, « la suite Vollard » occupe une place très importante, car c’est en la créant que Picasso a développé son expertise technique en matière d’estampe.

Ambroise Vollard : né le 3 juillet 1866 à Saint Denis de la Réunion, mort le 22 juillet 1939 à Versailles

Fils de notaire, il quitte la Réunion pour faire des études de droit à Montpellier, mais fait finalement ses études de droit à Paris où il développe son goût pour la peinture et les arts graphiques en général.

Dès 1890 il fait commerce d’estampes et de dessins dans son appartement de Montmartre et ouvre sa véritable galerie 37 rue Laffite en 1893. Il y expose de nombreux artistes majeurs dont Gauguin et Matisse et se lie étroitement à Renoir et Cézanne. Il se lance dans l’édition et en 1895 édite un premier recueil de lithographies …Après son expulsion de la rue Laffitte pour cause de percement du boulevard Haussmann, Vollard s’installe dans un hôtel particulier 28 rue de Martignac Paris VII -ème où il reçoit sur RV.

En 1901 il expose, conjointement avec Francisco Iturrino (1864-1924, post impressionniste proche des fauvistes), un jeune peintre espagnol récemment installé à Paris : Pablo Picasso …Vollard a édité de nombreuses estampes de Picasso avant sa commande des 100 estampes de « la suite Vollard »

Il devient l’un des plus important et influant marchand de Paris auprès duquel les plus grands collectionneurs du monde viennent se « fournir ». Parallèlement il est pris d’une véritable passion pour l’estampe et se lance activement et avec succès dans l’édition avec pour idée de base de faire réaliser des gravures par des artistes qui n’étaient pas graveurs de profession. C’est ainsi qu’il édita des estampes de Bonnard, Cézanne, Maurice Denis, Odilon Redon, Renoir et bien entendu Picasso et bien d’autres …

IL meurt en 1939 dans un accident de voiture. Il n’a ni femme ni enfant et n’a pas fait de testament … Sa succession est une incroyable histoire qui pourrait faire l’objet d’une conférence dédiée … Peut-être pour une prochaine fois !!!

En synthèse, son frère Lucien prend en charge la succession, avec Martin Fabiani, ancien assistant de Vollard qui n’était pas un personnage très recommandable qui fait gruger, à son avantage Lucien par des « experts » et des marchands véreux.  Martin Fabiani  a joué un rôle clé dans les « turpitudes » de la succession Vollard ponctuée par de nombreux rebondissements et des procès fameux …

En 1941 un marchand très réputé sur la place de Paris : Le Baron Petiet découvre le fonds d’estampe de Vollard que Lucien Vollard souhaite vendre et propose de le racheter, mais Lucien Vollard et Martin Fabiani vendent dans des circonstances rocambolesques et très limites à d’autres une partie du fonds.

Vers la fin de la guerre, inquiets de ce qu’il pourrait advenir dans cette période très trouble, Lucien Vollard et Martin Fabiani cherchent à vendre le reste du Fonds Vollard.

Petiet contacté propose d’acquérir   pour 1 million de francs (22M€ !!) les milliers d’œuvres, dont la suite, qui se trouvaient entreposées dans le garage de l’hôtel particulier de Vollard.

Cette proposition est acceptée avec soulagement …

Le déménagement de ces milliers d’œuvres à Paris encore occupé est un roman à lui seul …

Qui est Henri-Marie Petiet ?

Henri-Marie Petiet : né le 17 août 1894 à Saint Prix, mort le 25 août 1980 à La Garenne-Colombes :

C’est un collectionneur convulsif et un bibliophile passionné qui, après la première guerre mondiale porte son intérêt sur l’estampe sans pour autant abandonner ses autres centres d’intérêt et de collection.

Descendant d’un Baron d’Empire, d’où son appellation « le Baron Petiet », il est notamment le fils d’un Ingénieur de la Compagnie des Chemins de fer dont il tire une passion pour le modélisme ferroviaire.

De 1915 à 1920 il travaille dans l’usine d’automobile de son frère Charles. Il devient collectionneur de voitures anciennes et en possédera plus de 300 !!

De bibliophile il devient amateur d’estampes et achète au marchand Vollard des estampes de Maurice Denis, Odilon Redon, Bonnard, …

En 1927 il devient éditeur et publie des estampes et livres illustrés d’André Derain, Dunoyer de Segonzac, … Il édite notamment le catalogue raisonné de l’œuvre gravée et lithographiée de Matisse.

Après avoir exercé en appartement, il ouvre sa galerie « A la belle épreuve » rue de Tournon à Paris. Il est réputé pour la qualité de ses épreuves et se développe sur les marchés internationaux et auprès des grands musées et institutions, notamment aux USA.

En 1950 Petiet entreprend la vente de la Suite Vollard qu’il a acquise en 1944, mais, comme on le verra plus loin, il doit d’abord régler 2 gros problèmes ..

Comment est venue l’idée de la « suite Vollard » ?

Au milieu des années 20 Vollard va chez Picasso et découvre un tas de dessins aux traits qui lui paraissent intéressant. Picasso lui dit que ce sont des « Gribouillis ». « Je viens de lire le chef d’œuvre inconnu de Balzac et cela m’a inspiré ces dessins ; d’ailleurs j’allais m’en débarrasser ». Vollard lui propose alors d’illustrer dans ce style le livre de Balzac. Picasso accepte. A cette époque, il ne pratiquait que la gravure sur bois et en a réalisé 67 pour illustrer ce livre. Par hasard en se promenant à Montmartre, il découvre l’atelier de taille douce de Roger Lacourière et se passionne pour cette technique à laquelle Lacourière l’initie. Il réalise alors 13 eaux fortes qu’il apporte à Vollard en plus des 67 gravures sur bois.

Vollard, séduit par ces eaux fortes, propose alors à Picasso de lui commander 100 eaux fortes d’un sujet à son choix.

Après hésitation, mais alléché par l’offre de Vollard de le rémunérer par un Renoir et un Cézanne, il accepte, d’autant que Vollard ne lui met pas de contrainte de temps.,,,

Le deal verbal entre Picasso et Vollard

Une série de 100 eaux fortes tirées en

3 exemplaires sur parchemin

15 exemplaires sur papier « grand format »

50 sur papier « petit format »

Soit 68 X 100 = 6800 épreuves à signer

La création des estampes de 1930 à 1937

En 1930 Picasso achète le Château de Boisgeloup (près de Gisors), y aménage un atelier de sculpture et y installe la presse à bras qu’il avait achetée à Louis Fort (célèbre graveur) lorsqu’il avait pris sa retraite. Picasso pouvait alors « à domicile » tirer à sa guise les essais de la suite.

Pour concrétiser son accord, Picasso livre la première année (septembre 1930/septembre1931) 10 eaux fortes réalisées dans l’atelier de Roger Lacourière

En 1932 : 1 œuvre

L’année 1933 est particulièrement créatrice puisqu’il réalise 60 eaux fortes

1934 : 24 gravures On est à 95 estampes, donc tout près des 100 à réaliser ..

1935 : aucune œuvre. Picasso divorce d’Olga à qui il cède Boisgeloup où il ne reviendra plus

1936 : 2 œuvres

1937 : En panne d’inspiration, il réalise 3 portraits de Vollard pour atteindre les 100 et finir le travail …

Les thèmes :

Sans réelle chronologie on a l’habitude de distinguer 5 thèmes  :

Le plaisir d’aimer et le bonheur avec sa nouvelle maitresse Marie-Thérèse Walter souvent représentée …

Le viol/l’étreinte

L’atelier et le repos du sculpteur

Rembrand

Le minotaure

Il y a une relative homogénéité de style dans les œuvres, mais on peut distinguer dans certaines œuvres des liens avec les mouvements artistiques de cette période : surréalisme et cubisme …

L’édition et l’imbroglio …

Fin 1938 Lacourière édite 3 tirages de la Suite sur parchemin. Picasso les signe. Il ne reste alors plus qu’à tirer les épreuves sur grand et petit formats.

Curieusement Vollard prend son temps et ce n’est qu’en1939 que Lacourière édite l’ensemble de la suite.

En juin 1939 Picasso commence à signer les épreuves. Il débute par les tirages à grande marge et signe 15 épreuves.

Après avoir signé 10 premières épreuves sur petite papier, Picasso arrête de signer et pique une énorme colère !

Furieux, il va trouver Vollard et une scène violente se déroule entre eux. Il n’y a pas de traces du contenu de cette dispute et de ses causes et en juillet Vollard meurt dans son accident de voiture … On peut néanmoins reconstituer ce qu’il s’est passé ….

Les causes …

En réalité, les commandes de papier et le nombre d’épreuves produites sont très au-delà du deal ORAL. On trouve en effet :

3 parchemins

50 grands formats au lieu de 15

260 petits formats (250+10) au lieu de 50

Soit 31000 œuvres à signer au lieu de 6800 !!!

Vollard pensait-il que cela allait passer ??? Que Picasso ne dirait rien et accepterait ???

On ne le saura jamais du fait de la mort de Vollard peu de temps après la dispute avec Picasso

et en plus en septembre 1939 commence la guerre

 La mise sur le marché de la Suite Vollard

Henri-Marie Petiet qui a acquis le fonds Vollard souhaite dans l’après-guerre en commencer la commercialisation. IL se trouve alors face à 2 problèmes : Très peu d’épreuves sont signées ( 3 séries sur parchemin, 15 sur grands papiers, 10 sur petit papier)  et il en manque 3 !!! Il n’a que 97 Estampes !!

Que s’est-il passé pour que l’on en soit là et que faire ?

Dans l’imbroglio de la succession Vollard, Fabiani et Lucien avaient cédé au galériste Marcel Lecomte les « 3 portraits de Vollard qui finissaient la suite (plaques et tirages que Lecomte avait de son côté fait signer par Picasso) …

Petiet se trouve donc dans l’obligation de mener 2 négociations :  Une avec Lecomte pour obtenir des séries complètes et avec une avec Picasso pour obtenir les signatures indispensables à la valorisation des Estampes …

Contre toute attente, Picasso se monte ouvert à procéder à des signatures, cat il est ému de revoir ses créations. Toutefois, il reste ferme sur le prix de chaque signature (100 francs soit 333€) soit tout de même 3 millions de francs au total (10 M€ !!!!: !!!!)

Accord est pris pour des signatures au coup par coup.

Petiet parvient à constituer plusieurs séries complètes signées et les proposent aux grands musées internationaux et à des grands collectionneurs. Plusieurs séries sont aussi démantelées et les épreuves vendues à l’unité …

On dénombre 14 musées dans le monde possédant une série complète dont la bibliothèque nationale française, 6 musées aux USA dont le MOMA, 3 en Allemagne, 1 en GB, 1 à Caracas, 1 à Camberra et un au Canada (Ottawa)

Picasso signe des estampes jusqu’en 1968 à des tarifs qui augmentent régulièrement, puis, sans que l’on en connaisse la raison, n’accepte plus d’en signer

En 1973, lorsque Picasso meurt, Petiet possède encore un grand nombre de séries non signées. IL tente alors sans succès de négocier avec les héritiers Picasso la possibilité de réaliser un tampon reproduisant la signature de Picasso permettant ainsi d’authentifier les tirages. Il reste donc en possession de nombreuses épreuves non signées … Il n’existe pas de statistique sur le nombre d’estampes signées et le nombre d’estampes non signées.

Après la mort de Petiet en 1980, ses héritiers se trouvent en possessions de piles et de piles d’estampes, dont la suite Vollard,.

Commence alors le plus grand marathon de vente qui ait existé avec 2 ventes d’estampes par an de 1980 à 2017 !!!  Année où le 27 novembre une série complète signée a été mise en vente et vendue pour un prix du marteau de 1,9 millions d’Euros … 19000 €/estampe … ce prix a été battu en 2019 par une vente à New York pour 4,3 Millions d’Euros (43000€/l’estampe) …

Cette existence de nombreuse épreuves non signées explique la présence sur le marché de séries comprenant des épreuves signées et des épreuves non signées ainsi que la vente fréquente à l’unité de telle ou telle estampe de la série à des prix très variables de 5000 à 20 000€ selon le sujet et le moment …

Les éditions officielles de la Suite Vollard

2 éditions du vivant de Picasso

1939 Edition Vollard originale : 310 eaux fortes (260=50 ).

1956 Edition Hatje avec accord de Picasso qui a signé un certain nombre des 500 lithographies produites (nombre d’épreuves signées inconnu)

Plusieurs éditions posthumes dont la plus importante est en

1992  l’ Edition Spadem pour le musée de Mühlheim an der Ruhr de 1200 Lithographies, évidemment non signées puisque posthumes …